26.10.05

Amusons-nous en attendant la mort (du modèle social)

Aujourd’hui le président du Polit-Buro nous gratifie d’un beau plaidoyer contre le changement et pour la continuité dans la continuité. De la belle langue de bois qu’aurait apprécié un lecteur de la Pravda : Farce et soliloque à l'Elysée.

Les maniaques du comptage de mots relèveront dans ce laïus 4 fois le mot « solidarité » (dont une fois dans le titre « Force et solidarité », que j'ai un peu écorné), 6 fois « social », et seulement 2 fois « liberté », ce qui est décevant, Brejnev à son époque ou Castro aujourd'hui faisant quand même nettement mieux.

Ce que propose Chirac (ou son scribe), c’est la trilogie des magiciens noirs : interventionnisme, étatisme, constructivisme, pour garantir l’illusion de « la puissance publique garante de l'intérêt général », et donner à l'Europe la « maîtrise de son destin ». Il est clair que ce dont la France rêve, c’est d’une Europe aussi soviétisée qu’elle, la précédant dans l'exploration des sortilèges infernaux du Léviathan.

Et bien sûr on demande davantage d’impôts car il faut « donner à l’Europe les ressources dont elle a besoin », pour « l’aide au développement » (finançons nos collègues dictateurs plutôt que de supprimer nos subventions protectionnistes), pour « doubler la capacité de recherche communautaire » (Plan Calcul pas mort, l'Etat peut tout et sait tout), lutter contre les méchants délocalisateurs grâce à un « fonds antichoc » (est-il waterproof aussi ?) et surtout (mais ce ne sera pas écrit) pour continuer à faire vivre la superstructure bureaucratique qui fait saliver les énarchouilles français.

Le même jour, le Monde fait sa une sur l'Assurance-maladie : les patients de nouveau mis à contribution avec un dessin qui montre le coq gaulois en piteux état sur une civière. Seuls les étatistes indécrottables (mais ils ne me lisent pas) ne verront pas de lien de cause à effet entre l'approche de la faillite que les Diafoirus mandatés veulent combattre en saignant le patient, et le discours ronronnant d'un vieux président qui s'évertue à prolonger l'agonie d'un modèle anti-social, en tentant de l'étendre partout, comme une maladie honteuse qu'on ne saurait combattre qu'en la disséminant aux quatre coins de l'Europe.
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La chute sera-t-elle provoquée par les praticiens libéraux, si bien nommés, qui décideraient de quitter l'étable para-étatique et de prendre en main leur destin ? On peut l'espérer à la lecture de ce communiqué de l'APOL (Association pour la Promotion de l'Odontologie Libérale) dans lequel le professeur Jean-François Prévost met les choses au clair. Si les dentistes s'y mettent, les esclavagistes risquent de... grincer des dents !
 

17.10.05

Ce qu'ils pensent de la Sécu...

L'encyclopédie libérale Wikiberal a un intéressant recueil de citations sur la Sinistre SS (en fait c'est moi qui les avais publiées l'an dernier sur mon blog, je suis bien contente qu'elles aient été récupérées). J'ai pensé les compléter en demandant leur avis sur le sujet aux esclavagistes hommes politiques actuels (que le monde entier nous envie, mais à condition qu'ils se taisent et ne sortent pas du pays). Voici leurs réponses.

- La Sécu est un tracassin universel que nous traînons depuis 1945. Mais rien ne sert de sauter sur sa chaise comme un cabri et de crier la Dette, la Dette, la Dette ! Aussi j'appelle tous les Français à résister à la chienlit sociale jusqu'à la Libération finale. Les autres pourront rejoindre leurs compatriotes à Londres. (un vieux général en villégiature à Baderne-Baderne)

- La Chécu a bien le monopole de l'incompétenche et de l'irrechponchabilité - mais pour ce qui est du monopole du coeur, je ne me prononche pas. (un Auvergnat d'Ancien Régime, tendance dispendieux)

- Il faut laisser du temps au temps : ainsi, quand ça pètera, je ne serai plus là ! (un Florentin machiavélique, passé par Vichy)

- Assujetties, assujettis, on vous ment, on vous spolie ! Le pouvoir syndical prédateur vous exploite, le fiscalisme sauvage vous sucera le sang jusqu'à plus soif (une banquière un peu excitée, toujours candidate et toujours recalée)

- Taisez-vous, Elkabbach ! Sachez que le bilan de l'URSSaf est globalement positif ! (un petit stagiaire communiste sorti de chez Messerschmitt)

- La route n'est pas droite, la pente est rude, mais on arrivera bien à la descendre jusqu'en bas ! (un ex-premier sinistre, n'a-rien-fait, fera-rien)

- Waterloo, Waterloo, morne plaine ! Cent jours après, la dette court, la coupe est pleine (un poète bonapartiste de la France d'en haut)

- La sécurité, ça me connaît, mais pour la sécurité sociale, je n'ai pas trouvé le Karcher qu'il faut (un Naboléon en quête d'empire)

- La sécurité sociale n'est pas un point de détail de l'histoire de France. Il faudrait l'interdire à tous les étrangers, mais régulariser les immigrés clandestins pour qu'ils soient obligés de cotiser eux aussi (un borgne qui prétend voir loin)

- C'est le plombier polonais, ce voleur d'emploi qui vient manger le pain de nos étrangers, qui devrait venir colmater les fuites et éponger le déficit de la Sécu ! (un Chouan social-nationaliste)

- Le déficit de la Sécu ? Ça m'en touche une sans remuer l'autre. Tant que mes frais de bouche à moi sont couverts... (un futur ex-président qui n'en a rien à fiche du Trou tant qu'il peut profiter de la Ripoublique).

Je vous laisse deviner de qui parle Claude Reichman quand il écrit ceci :
Ils ne se fréquentent qu'entre eux, ne croient que dans les mots et les formules qu'ils utilisent entre eux, ils passent leurs week-ends et leurs vacances entre eux, ne trompent leur femme ou leur mari qu'entre eux, leurs enfants vont dans les mêmes écoles et ne s'épousent qu'entre eux, bref ils constituent une nomenklatura qui n'a rien à envier à celle de feue l'Union soviétique ou des " démocraties populaires ". Et surtout leur sentiment d'impunité est tel qu'ils sont intimement persuadés qu'il ne se produira jamais rien de fâcheux pour eux dans le pays dont ils ont si bien su s'emparer.
 

14.10.05

Le trou n'est pas une fatalité...

... c'est la Sécu qui est une malédiction !



 

11.10.05

Le train-train habituel en Soviétie française...

Pendant que le gouvernement n'en finit plus de colmater le "trou" (noir) de la Sécurité sociale, les caisses disent non au projet de loi de financement de la Sécu ! Le payeur aveugle qu'est la Caisse (sans fond ni fonds) ne veut pas savoir d'où vient l'argent, elle veut continuer à dépenser et à tirer des traites sur l'avenir. Les syndicats ont tout particulièrement dénoncé l'approche "purement comptable".

C'est la réplique imparable du voleur au volé, qui ose se plaindre : que me parlez-vous de votre portefeuille et de l'argent que je vous aurais extorqué ? Apprenez que vous n'êtes qu'un comptable mesquin, Monsieur !

Quand on vole et qu'on est sûr d'avoir toujours une victime sous la main, on n'a pas besoin de compter. On ne crache pas sur l'argent, oh non, on crache plutôt sur l'assujetti(e), si bien nommé(e), victime impuissance du racket syndical. Un jour sans doute, on règlera nos comptes, et l'approche "purement comptable" pourrait se transformer en approche "purement physique" et laisser des souvenirs cuisants aux fesses des ainsi "approchés"...

2.10.05

Retraites maltraitées et mal traitées

Si globalement l'existence de cette chose qu'on appelle la Sinistre Sécu est un véritable scandale, il y a un mécanisme d'extorsion de fonds qui est mille fois pire que l'assurance-maladie : la retraite par répartition.

La retraite par répartition, c'est le système collectiviste type : vous ne cotisez pas pour vous, mais pour les autres. Vos cotisations sont tout de suite utilisées pour payer les pensions des retraités actuels, rien ne reste pour vous ! Quand votre tour de quitter la vie active viendra, s'il reste alors d'autres actifs à ponctionner, alors vous toucherez peut-être quelque chose (personne ne saura vous dire combien). Comme le dit si bien Claude Reichman :
Les Français s'imaginent pour la plupart que l'argent de leur retraite existe quelque part. Ils sont persuadés d'avoir, leur vie durant, cotisé pour eux-mêmes. Profonde erreur. Ils ont cotisé pour les autres, et leur argent a disparu. Ils ne sont riches que de l'espoir de voir l'Etat parvenir à contraindre les générations suivantes à cotiser pour eux.
On sait que ce système, arnaque à la Ponzi, est condamné. Avec deux actifs pour un retraité, et un jour un seul actif pour un retraité, il y en a un qui devra se serrer très fort la ceinture (je doute que l'actif accepte de donner la moitié de son salaire au retraité).

Un calcul simple montre qu'un Smicard toucherait 3 fois plus avec une retraite par capitalisation qu'avec l'actuelle retraite par répartition. Le calcul adopte l'hypothèse d'un placement à un taux de 6% à intérêts composés, mais même avec un taux plan-plan style Caisse d'épargne il serait largement gagnant.

En fait le système par répartition est proche de ce qu'on appelle la vente pyramidale, où le revenu est basé sur le "recrutement" de nouvelles personnes, et non sur du réel. C'est une escroquerie avec tromperie sur la marchandise : on vend un produit futur (une rente), en fait une simple promesse de ce produit. Et le revenu futur n'est pas officiellement garanti et est constamment révisable (comme les taux de remboursement de la SS).

Le pire - et cela va au-delà de l'escroquerie - est que vous êtes un acheteur obligé, on ne vous laisse pas la liberté d'échapper à cette escroquerie. Il ne s'agit pas de contrat, mais d'esclavage pur et simple ! Les politiciens voleurs et criminels qui ont instauré et continuent à promouvoir l'arnaque des retraites peuvent bien parler de solidarité intergénérationnelle, un tel argument n'a prise que sur ceux qui n'ont pas compris le fonctionnement du système, qui sacrifie l'avenir au nom de l'immédiat.

L'aspect immoral, s'il est besoin encore de le démontrer, apparaît clairement quand on considère le cas de ceux qui ont la malchance de mourir avant la retraite (sans doute ont-ils trop travaillé pour faire vivre les autres) : avec une retraite par capitalisation, leur famille aurait hérité de l'entièreté du capital. Avec la retraite par répartition, ils ont tout perdu (je sais, il y a les pensions de reversion, mais c'est sous condition et ça ne représente que la moitié de la pension du conjoint décédé ! - royal, n'est-ce pas ?).

La perspective d'être dépossédée aujourd'hui (regardez vos feuilles de paye, les cotisations retraite, parts patronales et salariales, sont loin d'être indolores), et plus tard de ne pas toucher de retraite ou avoir une retraite misérable, me force à envisager de plus en plus la seule option qui reste : le départ sous d'autres cieux où l'on "vole moins haut" qu'en France. Sa retraite, on se la constitue soi-même, par l'épargne et le placement, on ne compte pas sur une organisation immorale gérée par une Mafia étatique.
 

26.9.05

Matraquons et traquons les cons

Aujourd'hui, tir groupé des esclavagistes qui nous gouvernent, au nom de la Sacro-Sainte Sinistre Sécurité Sociale :
  • Yahoo : Le gouvernement envisage une taxe sur les médicaments pour réduire le déficit de la "Sécu" : le gouvernement envisage de demander à l'industrie pharmaceutique de verser 50 centimes à un euro par boîte de médicament pour réduire en 2006 le déficit de la Sécurité sociale, rapporte "Le Monde" dans son édition datée de samedi.
  • Le Figaro : Vers une cotisation maladie de 7,5% sur l'intéressement, pour ramener le déficit du régime général de la Sécurité sociale sous les 10 milliards.
  • Les Echos : Sécurité sociale : l'épargne logement mise à contribution.
En France, la politique se résume à augmenter les impôts pour permettre aux déficits de filer, et à enrober tout ça de beaux discours. Mais qu'est-ce que c'est que ce mur qui fonce vers nous à 200 km/h alors que nous klaxonnons de toutes nos forces pour lui demander de se pousser ?

Matraquons et traquons les cons qui produisent et créent de la richesse ! Nous, Hauts Fonctionnaires et Privilégiés du Régime, faute d'être capables de faire autre chose, nous nous employons à détruire la richesse, c'est là notre fonction, notre raison d'être. Nous ne manquons pas d'alibis : solidarité, cohésion sociale, volontarisme politique... le peuple est là pour gober la moindre idiotie pondue par nos bureaux et diffusée par les médias aux ordres, pendant que nous nous gobergeons dans les palais de la Ripoublique. L'Etat, c'est nous, les veaux, ce sont eux, ce petit peuple taillable et corvéable à merci, qui redemande de la solidarité, de la protection, du social, de l'emploi - les cons ! comme si nous étions capables de fournir tout ça !

La France, c'est le fromage des politiciens, et la social-démocratie franchouillarde, l'avenir des parasites.

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Jérôme Crêtaux est l'informaticien qui a facilement démonté les mécanismes l'absence de mécanisme de sécurité de la carte Vitale (la carte des veaux). Plus d'informations sur le site de l'ADAS. Il mérite notre soutien et celui des assujettis-esclaves, même si on peut fortement douter qu'un organisme public puisse assurer en quoi que ce soit la sécurité des données médicales qui lui sont confiées. Vivement la disparition du monstre insécuritaire-social !
 

25.9.05

Si la SS n'existait pas, il ne faudrait surtout pas l'inventer

Alors que la sinistre SS célèbre son 60e anniversaire sans fanfare ni fanfaronnade, on peut faire de la social-fiction et se demander "que ce serait-il passé si la sécu n'avait pas existé ?". Georges Lane, toujours aussi percutant (et dont j'attends avec impatience son prochain livre sur "l'asécurité sociale") y répond dans un commentaire du présent blog :
La France ne serait pas devenue le pays socialo-communiste qu'elle est aujourd'hui, assujettie au coup d'Etat des ordonnances d'octobre 1945.

Son marché de la santé serait resté au niveau d'excellence qu'il avait dans la décennie 1930.

Il n'y aurait pas eu la destruction permanente, qu'on connaît depuis lors, de l'épargne par l'organisation de la sécurité sociale qui tend à faire vivre les gens au jour le jour et leur fait croire que la consommation est le moteur de la croissance.

L'organisation de la sécurité sociale est avant tout immorale et, pour cette raison, il faut qu'elle soit obligatoire pour exister. La question du monopole est en définitive subalterne.

Si elle était morale, elle n'aurait pas besoin pour exister de l'arme de l'obligation qui, il faut y insister, est la négation de la responsabilité de l'être humain, i.e. la négation de sa dignité. Le salarié est même privé de sa liberté de choisir de ne pas respecter l'obligation puisque c'est son employeur qui verse, pour son compte, les cotisations.

L'organisation de la sécurité sociale vous fait vivre dans une étable que ses constructeurs en octobre 1945 espéraient à terme élargir à tous les domaines de la vie humaine, à l'exemple de la grande soeur, l'URSS.

L'URSS a disparu en dépit de la terreur qu'elle a fait régner, l'organisation de la sécurité sociale disparaîtra de la même façon.

Et la France retrouvera le chemin de la vraie sécurité sociale morale qu'elle suivait avant la décennie 1940 et qui faisait entre autres qu'un médecin était honoré, était libre et responsable des honoraires qu'il demandait au patient.

En attendant, l'étable est toujours là, et les veaux apeurés, victime de la fiction du "modèle social" à la française, voient sa disparition prochaine comme un cauchemar "ultralibéral".

Pour ne pas disparaître, l'organisation soviétique d'insécurité antisociale n'a pas d'autre choix, telle une grenouille qui veut se faire plus grosse que l'étable, que d'augmenter son emprise sur les "assujettis". Quand l'étable se sera écroulée, les veaux chers à de Gaulle prendront peut-être conscience de l'esclavage qu'on leur a fait subir et deviendront peut-être adultes.
 

21.9.05

La fête au modèle social


L'année 2005, année des 60 ans de la sinistre SS, sera l'année durant laquelle on aura fêté partout en France notre cher modèle social. Les journalistes et les chroniqueurs ne s'en privent pas :
Le modèle-social-français-que-le-monde-entier-nous-envie s'est révélé particulièrement efficient lors de la canicule de 2003, où notre Etat providence s'était surpassé, avec les résultats que l'on sait. (...) Nous sommes donc particulièrement bien placés pour continuer à donner nos leçons à la terre entière et elle a bien tort, la sotte, de ne pas nous écouter.

(...) Ce qu'il y a de bien avec le modèle social français, c'est qu'il permet de cumuler, outre des avantages évidents, le chômage, la misère, l'archaïsme et la bonne conscience. Rien ne peut troubler notre digestion ni l'espèce de somnolence qui envahit notre économie.
Ce n'est pas moi qui le dit, c'est FOG cette semaine dans le Point.
 

19.9.05

La Sécu est un gruyère...

Le titre n'est pas une allusion à la République Fromagère chère à Michel de Poncins, ni au grand "trou" de la Sécu, ni à la façon dont la Sécu pompe les ressources du pays telle un gigantesque trou noir duquel rien ne s'échappe.

D'après un article de TF1, relayant d'ailleurs des informations publiées il y a des mois sur le site de l'ADAS et ailleurs sur le web, il y aurait des trous de sécurité dans la carte Vitale...



La carte Vitale, c'est la marque d'infamie de notre esclavage, à nous les "assujettis", le signe du Léviathan, de la Bête qui nous prépare une belle Apocalypse financière et sociale... Tout ça, "c'est diablerie et compagnie", dirait ma grand-mère. Eh bien, cette merveille de la technique est aussi trouée que le reste de la protection antisociale. Conçue pour sécuriser les transactions et les données médicales, on apprend que c'est le contraire qui se passe, et qu'elle est devenue un instrument de fraude et d'insécurité !

Apparemment, il y a bien un monopole qui subsiste en France, celui de la gabegie, de l'incompétence et de l'irresponsabilité ! Vivement que la Sécu tombe dans le Trou...
 

16.9.05

Un Théodule que la Cour des Comptes a oublié...

Le croirez-vous, il existe un Comité d'Histoire de la Sécurité Sociale. Je suis tombé dessus par hasard, après avoir lu l'article de Georges Lane sur la PL, en faisant des recherches sur les ordonnances d'octobre 1945 (triste époque que celle-là, après guerre : les SS sont partis, mais la SS est arrivée).

Il n'y avait pas de raison que la Sécu ne permette pas non plus d'entretenir, entre autres parasites, quelques fonctionnaires amateurs d'histoire... Et elle est riche, l'histoire de cet esclavage qui a commencé il y a 60 ans !

La question que le Comité d'Histoire de la Sécurité Sociale n'examinera pas, car il n'a pas vocation à faire de la prospective, est la suivante : la Sécu arrivera-t-elle à 70 ans ? L'URSS, fondée en 1922, a disparu en 1991 : elle n'a donc pas eu la "chance" d'atteindre cet âge vénérable. Je suis prête à parier que l'URSSAF, notre URSS à nous, ne fera pas mieux.

Quand tout sera terminé, les historiens pourront toujours rédiger un ouvrage monumental dont je suggère le titre : "La Sécu : l'histoire d'un esclavage, la réalité d'une catastrophe, l'avenir (ou l'absence d'avenir) d'une illusion".

15.9.05

Réactions

Inutile de vous dire que mon blog suscite son lot de réactions négatives, d'incompréhensions, d'excommunications, d'accusations de toutes sortes...

Ceux qui réagissent ainsi, quelle que soit leur opinion sur le sujet et leurs options politiques, sont généralement, inconsciemment, des conservateurs qui ne veulent surtout rien changer. Hélas pour eux, le monde change autour de nous, et ces conservateurs de droite comme de gauche deviennent petit à petit des rétrogrades.

Il y a d'abord les ignorants malveillants, qui vous cataloguent à l'extrême-droite parce qu'ils n'ont jamais entendu parler du libéralisme (ou alors, pas en bien). Curieux pays que celui-ci où les libéraux sont diabolisés à ce point. Comme le dit Claude Reichman : en France, la simple expression des idées de liberté vaut à ceux qui tentent de les faire valoir des qualificatifs infamants, dont les plus aimables sont "ultralibéral" ou "libéral sauvage", tandis que "fasciste" n'est jamais très loin. Peu comprennent qu'on puisse être ni de droite, ni de gauche, mais libérale !

Il y a ceux qui vous traitent de néo-con pro-US. "Si la Sécu ne vous plait pas, allez voir aux US si c'est mieux". C'est ce que j'appelle la tarte à la crème (anti-)américaine.

Il y a ceux qui ne comprennent pas votre démarche, peu conforme à la logique "citoyenne" et "durable" dont on nous rebat les oreilles continuellement. Quelle égoïste vous êtes, affirment-ils... (ce sont les mêmes qui ne sont pas égoïstes mais trouvent normal de vivre sur le dos de la collectivité à coup d'arrêts-maladie de complaisance ou autres astuces à la Bonjour paresse).

Il y a les as de la comptabilité collectiviste qui vous sortent le faux argument des coûts de gestion, en laissant de côté les circuits du blanchiment de la dette sociale qui perpétuent le déficit. Ils accuseront le marché de tous les maux et ne comprendront pas que la Sécurité sociale puisse être la cause du chômage.

Il y a enfin les naïfs qui croient aveuglément tout ce que le gouvernement peut dire - par exemple que la Sécu manifeste le génie français ou que le "monopole" existe encore. Nul doute que si un jour une loi passait pour obliger les gens à sortir tous nus dans la rue (pour boycotter les textiles chinois ou faire preuve de solidarité avec les mal-vêtus), ils seraient les premiers à se déculotter.

Et tout ça, ça fait d'excellents Français, que le pouvoir adore plumer. Et plumera tant que la volaille ne trépassera pas.

6.9.05

Une proposition trop audacieuse

Comme presque tous mes compatriotes, je pense beaucoup de mal des politiciens, de leur action, de leurs écrits. Pourtant le texte ci-dessous, qui date de 1993, fait exception.

Au cours des cinquante dernières années, les progrès considérables de la science médicale ont grandement amélioré dans notre pays les moyens de lutter contre la maladie et dans le même temps la puissance publique a généralisé un système qui postule que la préservation de la santé est avant tout une affaire de sécurité collective. Il en est résulté une illusion et un détournement.
  • L'illusion, qu'une intense propagande a voulu imposer, dit que l'amélioration de la santé des Français est due à l'instauration du système de sécurité collective dit de Sécurité Sociale. Elle méconnaît les progrès de la science qui lui sont antérieurs et qui ont produit les mêmes effets bénéfiques dans des pays où il n'y a pas de sécurité sociale. La prolongation de la durée de vie, par exemple, est due avant tout à I'hygiène, aux vaccinations et aux médicaments nouveaux.
  • Le détournement résulte de l'appropriation par un appareil collectif en position de monopole de la majeure partie des moyens nécessaires à I'action de santé. Avec comme résultat :
- pour les personnes : la perte d'un bien propre dont la gestion aurait pu susciter leur intérêt et engager leur responsabilité, en un domaine où I'engagement personnel est indispensable
- pour la puissance publique : la perte de la force de contrôle et d'orientation propre à chaque personne qui ne peut être remplacée par aucune autre ;
- pour les entreprises : des prélèvements toujours plus lourds qui compromettent leur compétitivité et pénalisent l'emploi ;
- pour les salariés : une perte de leur salaire direct qui trouve réduit par le salaire indirect que constituent les prélèvements
- pour tous : un gaspillage qui altère la crédibilité de l'Etat et du Gouvernement, démoralise les citoyens, témoins passifs, et parfois actifs, de mille petits scandales, et finalement compromet la qualité des soins, c'est-à-dire la santé et la sécurité des gens et de la société qu'on voulait garantir. Il est patent, par exemple que la Sécurité Sociale n'a pas pu ou pas su protéger les hémophiles de la contamination par le virus du sida.

La crise économique grave que traverse notre pays achève de condamner le monopole de la Sécurité Sociale. Celui-ci est, par ailleurs, contraire aux directives européennes de 1992 qui, en matière d'assurance, font obligation d'ouvrir le marché de l'assurance-maladie à la concurrence à compter du 1er juillet 1994 au plus tard. Enfin, il est clair que la lutte contre le chômage et le retour à l'équilibre de nos finances publiques rendent urgente une réforme radicale.


La source de ce texte ?

La proposition de loi n°665 de novembre 1993, présentée par quelques députés courageux (ou lucides, ou les deux) : Jean-Louis BEAUMONT, Didier BÉGUIN, Pierre CARDO, Michel CARTAUD, Daniel COLIN, Serge DIDIER, Michel FANGET, Gratien FERRARI, Alain GRIOTTERAY, François LOOS, Georges MESMIN, Daniel POULOU, Yves ROUSSET-ROUARD, Bernard SERROU, Yves VERWAERDE, Philippe de VILLIERS et Michel VOISIN.

Le texte déclare dans son article 4 : Le monopole de la Sécurité Sociale est abrogé, et l'article 11 : Les cotisations salariales et patronales sont supprimées. Le texte posait un certain nombre de contraintes plus ou moins discutables, mais c'était un progrès par rapport à la situation de l'époque, et par rapport à celle d'aujourd'hui.

Bien sûr, cela n'a pas abouti. La proposition se terminait par un article 20 : Les comptes du régime d'assurance-maladie de la Sécurité Sociale sont apurés avant d'être clos. Mais Augias-Mitterrand n'était à l'époque pas disposé à laisser nettoyer ses écuries, et Balladur n'avait aucune envie de jouer le rôle de l'Hercule nettoyeur (il a au contraire laissé les déficits se creuser)...

2.9.05

L'homme malade vous salue bien...

Non, mais quel culot ! Voici la perfide Albion qui crache sur tout ce que nous avons de plus sacré : nos institutions, notre vieux Président et son prédécesseur le mythe errant, notre Galouzeau de Villepin à nous, nos syndicats, nos socialistes, nos professeurs... Messieurs les Anglais, ce n'est vraiment pas sympa de votre part de vous moquer de l'Homme Malade !

Trouvé sur TF1:
Après le "non" au référendum sur la Constitution puis le bras de fer Chirac-Blair sur la PAC, quelle image la France renvoie-t-elle à l'étranger, et notamment dans le monde anglo-saxon ? A lire la tribune libre publiée par Denis MacShane, député britannique travailliste et ministre des Affaires européennes entre 2002 et 2005, dans Newsweek, elle est tout sauf positive.

Selon lui, la France est par exemple le seul pays européen à ne pas avoir tiré les conséquences de la chute du communisme et de son ouverture au capitalisme. Mettant en exergue le refus et l'opposition à lancer les réformes nécessaires pour s'adapter à cette nouvelle donne, l'ancien ministre socialiste considère l'Hexagone comme l"homme malade de l'Europe". Comme conséquence, il pointe le déficit commercial, la dette abyssale de l'Etat, le chômage à 10% depuis 10 ans. "L'industrie la plus performante de la France, ce sont les Restaurants du coeur" lance l'ex-membre du gouvernement de Tony Blair.

Mettant en cause autant François Mitterrand pour ses nationalisations du début des années 80 que les "100 jours" de Dominique de Villepin –"un Premier ministre qui produit plus de livres que la France produit d'emplois-, Denis MacShane explique que les politiques français ne sont pas près à "rompre avec l'idéologie étatiste".

La suite est encore plus féroce : "la France sait seulement dire non". Pêle-mêle, les syndicats qui disent "non" aux réformes du marché de travail, les chefs d'entreprises qui disent "non" aux réformes fiscales, les médias parisiens qui disent "non" à tout ce qui vient d'Angleterre ou des Etats-Unis, Chirac qui dit "non" aux plombiers polonais, les leaders socialistes qui disent "non" à l'Europe, les professeurs qui disent "non" aux financement des universités par le privé… "

"Cette France des 'nonistes" est un problème majeur pour l'Europe" lance Denis MacShane. "Si elle n'apprend pas à dire 'oui', à la nouvelle économie, aux nouvelles idées sur la manière de mener une société moderne, alors il n'y aura pas de relance en Europe".

Rappelons que dans les années 70, l'homme malade de l'Europe était la Grande Bretagne, ravagée par les travaillistes avant que Thatcher ne vienne changer la donne, son Hayek sous le bras (Rothbard, ce sera peut-être pour la génération d'après !).

Le fait que les mêmes travaillistes recommandent à présent de "rompre avec l'idéologie étatiste" est significatif à la fois de leur propre virage idéologique 35 ans après, et du fossé qui les sépare de la droite française, qui se croit encore au XIXe siècle (interventionnisme, protectionnisme, étatisme, monarchisme, gâtisme).

Certes tout n'est pas reluisant chez les Gibis. Il fait souvent mauvais temps en Grande Bretagne, et la nourriture est, comment dire... différente (encore qu'il y a de nombreux chefs français et que la cuisine s'est paraît-il beaucoup améliorée). Et ils n'ont pas notre chère Sécu, les pauvres, ni nos Restaurants du Coeur, ni nos politiciens attentionnés... Je crois qu'on leur a octroyé les JO uniquement par compassion.

Et puis, grande différence avec nous, ils roulent à gauche - une gauche moderne qui a compris que le social passe par l'entreprise, l'emploi, et la libération des forces vives de la nation (tiens, ça ne vous rappelle rien, cette formule-là ?).

A lire, la dernière interview de Claude Reichman : "plusieurs milliers de personnes ont quitté la Sécu, dont moi-même". Mais qu'attend le gouvernement pour mettre hors d'état de nuire ce dangereux agitateur ?
 

28.8.05

Le cadavre remue encore...

J'ai bien apprécié l'article de Jacques Marseille dans le Point de cette semaine : le modèle social français : autopsie d'un cadavre.

Pour lui, le "modèle" français (plutôt un anti-modèle !) se caractérise historiquement par :
  • un protectionnisme qui remonte au XIXe siècle ;
  • une confiance illimitée en l'Etat - un Etat qui transcende les individus et reçoit d'eux comme une sorte d'onction laïque ;
  • une allergie au risque qu'incarne l'économie dite libérale ;
  • un système scolaire dont la vocation première est de donner à l'Etat les "serviteurs" dont il a besoin.
Marseille ne range pas la Sécu dans les accessoires du modèle français, "tant la nécessité d'une Sécu providence est alors au monde la chose la mieux partagée". Pourtant les autres pays ne sont pas allés aussi loin que nous dans la soviétisation mortifère de la santé... Pas facile d'en trouver des pays où l'on vous vole 55% de votre salaire au nom de votre santé !

Alors que l'opinion publique commence à douter des bienfaits du modèle, on peut entendre crier les partisans (de droite et de gauche) du soi-disant modèle franchouillard : "surtout, ne changez rien !". Et le capitaine du Titanic, garant de nos institutions notre dissolution sociale, ordonne aux musiciens de continuer à jouer leur rengaine pour endormir la foule...

Et comme dirait le chanteur, que je parodie à peine :

et tout ça, ça fait,
d'excellents Français,
d'excellents Soviétiques,
qui vont couler
avec la République...

 

1.8.05

Rediffusion

L'été, c'est la période des rediffusions... Avant de partir en vacances quelques semaines, j'ai réuni ci-dessous plusieurs de mes anciens posts pour faire une espèce de FAQ sur le thème de "Chère (oh oui qu'elle est chère), chère Sécu, comment te quitter ?".

D'abord quelques confusions que je rencontre tout le temps chez ceux qui sont perdus dans le maquis volontairement obscur du système français (rassurez-vous, il y a un an j'étais au même stade que vous).

1) Le système de santé français en lui-même ne doit pas être confondu avec la sécurité sociale.

Cela paraît une évidence, mais combien de fois m'a-t-on envoyé des e-mails du genre : "vous critiquez la Sécu parce que vous êtes en bonne santé, mais attendez, si vous étiez malade, vous changeriez d'avis !". Ainsi le chroniqueur social-démocrate Jean-Marc Sylvestre (bien connu sur la radio étatique nationale), quand il raconte ses trois mois passés à l'hôpital aux frontières de la mort, en arrive à faire une vibrante apologie de la Sécurité sociale ! (il ne s'est pas rendu compte qu'il existait des assureurs privés moins chers qui remboursaient mieux).

A côté de l'hôpital public, il y a les hôpitaux privés, les cliniques et, bien que ses praticiens (conventionnés) deviennent quasiment des salariés de la sécu, il y a la médecine libérale. Le système de santé français n'est pas le meilleur du monde (il est à la merci d'une petite canicule de temps en temps), mais s'il était aussi mal en point que la sinistre Sécu, il y aurait de quoi s'inquiéter ! Heureusement qu'on n'a pas encore réussi à transformer tous les médecins en fonctionnaires, ni le serment d'Hippocrate en serment d'hypocrite !

2) Les organismes de sécurité sociale ne sont pas limités aux "caisses" du même nom.

Des mutuelles (par exemple MGEN, mutuelle des profs, RAM pour les non-salariés, MSA pour les agriculteurs, etc.) rendent depuis longtemps des prestations de "sécurité sociale", terme à comprendre dans le sens franco-français qui n'existe pas ailleurs, l'onction "sécurité sociale" accordée par l'Etat signifiant qu'elles bénéficiaient, au nom de la soi-disant mission de service public, du double verrou (en monopole dans leur domaine, avec des "adhérents" prisonniers : ainsi les profs sont tous à la MGEN). Outre les mutuelles et les CPAM (qui sont des mutuelles), des sociétés d'assurance ou des institutions de prévoyance peuvent rendre aussi des prestations de "sécurité sociale", au sens large, que nous allons voir ci-dessous.

3) La sécurité sociale ne désigne pas une entreprise unique (publique ou privée), ni même une institution, mais un domaine réglementé.

Ainsi dire "je vais écrire à la Sécurité sociale" n'a aucun sens. La caisse de sécu qui s'occupe de vous (ou de moi), salariés encore prisonniers, n'est pas une succursale d'un quelconque Mammouth étatique, c'est un organisme (parmi bien d'autres) de droit privé à but non lucratif, une véritable entreprise (dixit M. Pierre Ramon-Baldier, directeur de l'Ecole nationale de la Sécurité sociale).

Il faut en fait distinguer deux notions différentes quand on parle de sécurité sociale :
- le régime légal de sécurité sociale : les dispositions législatives et réglementaires qui définissent les risques sociaux ainsi que le niveau de leur couverture ;
- les organismes autorisés à couvrir ces risques sociaux (maladie, vieillesse, accidents du travail, chômage) compris dans le régime légal de sécurité sociale : ce sont exclusivement, suite à la transposition des directives européennes, des sociétés d'assurance, des institutions de prévoyance, ou des mutuelles.

Donc ne confondons pas le domaine et les opérateurs. Le démenti officiel de notre gouvernement socialiste de droite quant au prétendu monopole repose entièrement sur cette confusion volontaire : la sécurité sociale est obligatoire, disent-ils, donc vous devez adhérer au "monopole". Ce à quoi nous répondons : l'assurance a beau être obligatoire, nous avons la liberté de choix, le monopole n'existant plus.

4) Le terme de mutuelle est trop souvent cantonné au sens franco-français de "mutuelles complémentaires" (c'est à dire censées être exclues du "monopole").

Bien que les CPAM soient des mutuelles comme les autres, le gouvernement a longtemps essayé de faire croire que les directives européennes ne concernaient que les mutuelles (sous-entendu : complémentaires), alors que tous les organismes participant à la gestion d’un régime dit "légal" sont concernés. On trouve cette volonté d'induire en erreur dès la promulgation par le gouvernement socialiste de gauche de l'ordonnance no 2001-350 du 19 avril 2001 transposant les directives, voir le rapport au Président de la République. Mais le mensonge finit toujours par être découvert, au détriment du menteur.

A présent, quelques idées fausses qu'on entend ou lit continuellement, et d'autres questions, bien légitimes.

  • La SS fait partie des acquis sociaux chèrement gagnés
    Faux, le monopole de la SS a été imposé en 1945 par le Parti Communiste. Aujourd'hui c'est un (soi-disant) acquis social inefficace et très chèrement payé !

  • Vous voulez donc un système ultralibéral comme aux USA ou au Royaume Uni ?
    Faux, ces systèmes ne sont pas libéraux, renseignez-vous. Au Royaume Uni le système est extrêmement étatisé (par exemple on ne peut pas changer de médecin comme on veut). Pour les USA, voir ce qu'en dit David Valancogne.

  • On ne peut pas quitter impunément la sécu, on se met dans une situation très grave.
    Y a-t-il une vie en dehors de la sécu ? Il y a 20 ans les habitants des pays de l'Est se posaient la même question à propos de l'Union Soviétique. Quand un système ne marche pas, il finit tôt ou tard par s’effondrer. Aucun intérêt de rester sur un paquebot qui coule.

  • Mais je croyais que le gouvernement avait fait une réforme ?
    Il s'agit d'un replâtrage technocratique qui n'empêchera pas le paquebot de continuer à couler. Ils ne sont d'ailleurs pas d'accord entre eux sur la date exacte où se produira le naufrage complet.

  • La santé n'est pas une marchandise, on ne peut pas la laisser au marché
    Continuez dans cette logique et vous nous expliquerez aussi que "la nourriture n'est pas une marchandise" (n'est-elle pas indispensable pour la santé ?). On n'aura alors plus qu'à décréter la nationalisation des boulangeries et de tous les commerces d'alimentation.

  • Je suis salarié(e), comment faire pour quitter la Sécu ?
    Commencez par écrire une lettre à votre DRH, voici un modèle possible.

  • C'est bien beau toutes vos considérations juridiques, mais je ne trouve pas la loi française qui dit explicitement que le monopole de la Sécu est abrogé !
    Evidemment ! Il n'y a pas de loi qui dise qu'il existe un monopole de la Sécu ! Donc il n'y a pas à abroger quelque chose qui n'existe pas. Tout ce que la loi dit c'est que l'assurance est obligatoire, et ça, on ne le conteste pas. De même pour l'assurance automobile, elle est obligatoire mais on ne vous force pas à aller chez telle ou telle compagnie.

  • Pourquoi parlez-vous tout le temps des lois européennes ? En France seule existe la loi française.
    Bien sûr ! J'invoque uniquement la loi française qui transpose les lois européennes, l'Ordonnance no 2001-350 du 19 avril 2001 relative au code de la mutualité et transposant les directives 92/49/CEE et 92/96/CEE du Conseil des 18 juin et 10 novembre 1992.

  • Je l'ai lue, mais cette loi ne parle que des mutuelles.
    Attention, "mutuelle" est à comprendre dans un sens très large (son sens d'origine), et non dans le sens restreint franco-français de "mutuelle complémentaire". Le code de la mutualité concerne également les Caisses de Sécu, héritières des "sociétés de secours mutuel" du XIXe siècle, dont Bastiat redoutait déjà la nationalisation.

  • Vous êtes contre la Sécurité sociale, alors ?
    Je suis pour la "sécurité sociale" au sens large, englobant aussi bien les organismes actuels (de droit privé) que les compagnies privées qui commencent à arriver et offrent le même genre de service. Toutes font de la "sécurité sociale".

  • Les cotisations à la sécurité sociale sont obligatoires, on ne peut pas y échapper.
    Je ne conteste pas le caractère obligatoire d'une assurance santé, en effet il faut éviter d'être à la charge des autres. Je cherche seulement à faire jouer la concurrence en optant pour une sécurité sociale privée, en contractant avec une compagnie privée plutôt qu'avec le "régime général".

  • Vos assurances privées ne prendront pas en charge les maladies graves, les patients âgés, l'hospitalisation, etc. Elles n'assureront que les personnes sans risques majeurs...
    Faux, elles remboursent frais médicaux, hospitalisation, etc., à 100% des frais réels. Pour l'hospitalisation, il y a un plafond (par exemple 1500000€ par an chez IHI). Et tout cela avec une couverture mondiale, à vie, et pour moins cher que la Sécu. Voyez un peu ce que vous payez actuellement chaque mois : 55% de votre salaire part en fumée. C'est comme si vous étiez payé un jour sur trois.

  • Et si votre compagnie privée fait faillite ?
    Eh bien j'en prendrai une autre ! Et vous qui restez à la SS, que ferez-vous si la SS ne peut plus rembourser ?

  • La SS dépend de l'Etat, elle est donc plus solide qu'une société privée.
    La sécurité sociale ne dépend pas de l'Etat (si ce n'est qu'elle lui refile ses dettes comme elle peut). Elle est en faillite, vous ne lisez pas les journaux ?

  • Si tout le monde quitte la SS, comment feront les plus pauvres ?
    Il faut distinguer le problème de l'assurance (mutualisation des risques) et celui de la solidarité à l'égard des plus pauvres. Ce sont deux choses différentes. Dans un cas, on paye pour un service, dans l'autre, on donne gratuitement. L'Etat et la Sécu ont tout intérêt à mélanger les deux, et à extorquer un maximum au nom de la solidarité.

  • Comment fait la Sécu pour survivre tout en étant toujours en déficit ?
    J'appelle ça le circuit du blanchiment de la dette sociale : ça tiendra... jusqu'à ce que ça craque ! On ne sait pas quand, mais ce qui est sûr c'est que chaque jour on s'en rapproche...

  • Y a-t-il vraiment des gens qui ont quitté la Sécu (légalement), ou s'agit-il seulement de velléités ?
    Il y a des gens qui ont quitté la Sécu, voyez quelques témoignages - notre forum aussi en compte plusieurs.
  • 25.7.05

    Pan sur le « modèle » social !

    Dans Capital du mois d’août, dossier spécial « 1945-2005 : les 60 ans qui ont révolutionné la France ». Un dossier coincé entre la nostalgie et l’angoisse : notre « modèle économique et social unique » ne marche plus, concurrencé par un « modèle libéral » en pleine forme.

    Etonnant qu’on dresse aujourd’hui seulement ce constat, repris par tous les éditorialistes, alors qu’il y a 30 ans que ça dure et que les libéraux n’ont cessé de répéter ce que tout le monde trouve à présent évident : trop d’Etat et de réglementation, pas assez d'initiative individuelle.

    Philippe Eliakim explique comment on en est arrivé là : depuis la Libération, les Français ont demandé toujours plus de protection, de prestations, de réglementation, bref toujours plus d’Etat, et le pouvoir, voyant là une façon de se consolider, s’est toujours empressé de répondre oui. Le pli fut pris dès 1946 : comités d’entreprise, Sécu, allocations familiales, ENA, Commissariat au Plan (et cela devait se continuer avec des décennies de soi-disant « progrès social » imposé : SMIC, congés payés, assurance chômage, jusqu’aux 35 heures). La croissance des « 30 glorieuses » a permis de financer tout cela grâce à des prélèvements obligatoires toujours en croissance eux aussi. Puis ce fut les 30 piteuses, avec aujourd’hui une dette à 65% du PIB, le chômage, l’ascenseur social bloqué. Non pas qu'on soit plus bêtes que les autres : Capital consacre quelques pages aux inventions françaises, qui tombent à l’eau faute de financement ou sont étouffées par la bureaucratie publique.

    Faut-il donc mettre le modèle français à la retraite, se demande Capital ? D’après Jacques Marseille, ce modèle est mort il y a vingt ans ; sa clé de voûte était (et reste) l’Etat et ses fonctionnaires, qui pourvoient à tout (même à la réglementation de la pause casse-croûte des manoeuvres du bâtiment) ! Un modèle qui d’après Marseille « ressemble étrangement à celui de l’Union soviétique – sans les horreurs du goulag », pimenté d’inflation et de protectionnisme. Le défi est bien de sortir du tout-Etat.

    Nicolas Baverez identifie les causes, selon lui, du déclin français : schizophrénie, malthusianisme, clientélisme, c'est-à-dire : politiques incohérentes qui « stérilisent les cerveaux », « partage » du travail, système fiscal et social confiscatoire, explosion de la dette publique, exode forcé des facteurs de richesse.

    Elie Cohen souligne, lui, l’échec du colbertisme et l’absence de stratégie de développement industriel telle que celle du « modèle de la Silicon Valley », modèle financé par le capital-risque et la Bourse, remplacé en France par un saupoudrage financier de l’Etat.

    Pour terminer, Guy Sorman se contente d’imaginer une France qui se serait coupée de l’Europe en 1958, et c’est savoureux : Renault associé à Trabant produit une voiture à deux temps, et Simca une 3CV ; l’emploi est garanti à vie ; le franc n’est pas convertible ; il n’y a plus de banques, que des Caisses d’épargne ; l’inflation est à 14% ; les Français sont les plus pauvres d’Europe, mais il n’y a pas de chômage ; la télévision est encore en noir et blanc, et pour voir de la couleur il faut s’exiler en Angleterre (en ferry, car il n’y a pas de tunnel et le service des Caravelles d’Air France a été interrompu par manque de pièces détachées). Le petit-fils du général de Gaulle est au pouvoir (avec Jean-Louis Debré à Matignon) et se demande comment réagir contre une invention américaine diabolique : Internet ! Seul point positif : la France reste le centre de la gastronomie mondiale, et on vient de loin pour visiter ce bien curieux endroit...
     

    17.7.05

    Pour les touristes qui viennent en France

    Ainsi donc vous avez choisi cette année de ne pas partir en vacances à Miami Beach, mais d'aller visiter un de ces pays étranges d'Europe. Bienvenue en France, dernier pays soviétique au monde !

    Votre ambassade a dû vous avertir que la France est une destination à peu près sûre, bien que de temps en temps elle soit envahie par l'Allemagne (mais un tunnel a été récemment construit pour rejoindre l'Angleterre et permettre au gouvernement de se réfugier à Londres en cas de besoin).

    La France a un patrimoine historique très riche, mais délaissez les musées et visitez en priorité EuroDisney, c'est le seul endroit où le client a droit à quelques égards. Il faudra vous habituer aux coutumes françaises - vous verrez, les Français aiment faire la fête, de préférence les jours fériés (nombreux) et les jours de grève (nombreux aussi).

    D'autres avant vous ont subi le choc culturel, et en ont réchappé. Je vous recommande un livre d'initiation à la France : Heureuse comme une Américaine en France" ("French toast" en anglais, c'est à dire "pain perdu"). Son auteur(e), Harriet Welty Rochefort, maintient un excellent site, understandfrance.org, qui essaye d'expliquer la France aux non Français (Américains de préférence), et ce dans les détails les plus poussés.

    Elle aussi a fait l'anatomie d'une feuille de paye française et a trouvé comme moi que plus de 54% partait en fumée ! (sans compter l'impôt sur le revenu). Ne sois pas surpris, ami américain, dans notre nation soviétique s'applique le principe selon lequel l'argent c'est le Mal, et l'Etat c'est le Bien. Si tout le monde travaillait, ou si les gens gagnaient trop d'argent, le Mal s'étendrait, les riches s'enrichiraient, les pauvres aussi, et l'Etat, qui est le Bien, dépérirait, car les gens se passeraient de lui. C'est pour cela que l'Etat intervient, au travers des très-éclairés, très-honorables et très-puissants "énarques", élite du parasitisme pouvoir, qui sont la fierté de la nation.



    Harriet W. Rochefort émet des opinions frappées au coin du bon sens sur les particularités "culturelles" du pays : les "avantages acquis" (en français dans le texte), le soi-disant "modèle social français", le "Service Public" (avec majuscules), l'anti-communautarisme, la laïcité... Avec un ton qui se veut objectif, ce qui n'empêche pas de temps en temps quelques piques bien senties, qui montrent qu'elle a saisi l'esprit général des Français :
    In France, for moral standards, the equivalent of religion (as in the US) is the socialist philosophy.

    Taxes have reached a point where people are really upset about them, and the French do not understand why the Americans complain the taxes they pay, considering they have such a low level of taxation!

    Contrary to the Americans, the French love the State. The history of France is the history of the building of the state. Being a civil servant is an esteemed position. When something goes wrong, the first move is to ask the State to do something and all strikers demand the state to "do something".

    The state has a word to say in many decisions in which it would not be involved in other countries : for instance, the period where bargain prices are legal ("les soldes") are decided by the "préfet" (i.e. the State). The reason is the belief that unregulated competition would lead some competitors to ruin and that the role of the state is to protect the citizen including against himself. It is absurd but it is a strong common value in France !

    Bonnes vacances quand même !
     

    15.7.05

    Escrocs escroqués

    Vaste escroquerie à la sécurité sociale :
    Un homme de 40 ans a été interpellé la semaine dernière, à Paris, soupçonné d'une vaste escroquerie à la sécurité sociale consistant à revendre sous le manteau des médicaments indûment prescrits, a rapporté la police mercredi.
    L'homme, un sans domicile fixe (SDF), toxicomane "d'habitude" selon l'enquête du GIR (Groupe d'intervention régional) et de la 2ème division de police judiciaire (DPJ) parisiens, avait usurpé une identité en dérobant des papiers.
    Grâce à ce stratagème, il avait réussi à bénéficier de manière frauduleuse du RMI et de la Couverture maladie universelle (CMU).

    Il a ainsi visité quelque 350 médecins en 2004 afin de se faire prescrire du Subutex, un substitut à l'héroïne, ou un médicament détourné pour se blanchir la peau, - très prisé par de jeunes africains -, qu'il a revendus à bas prix, selon la police, dans la rue et auprès de connaissances.

    Le préjudice global est estimé, en l'état des investigations, à quelque 100.000 euros mais pourrait atteindre plus de 300.000 euros.

    Que les voleurs soient volés pourrait prêter à rire, si en fin de compte ce n'était pas de notre argent qu'il s'agissait.

    Si l'avocat du prévenu est un tant soit peu malin, il peut invoquer à l'encontre de la CPAM son absence de qualité à agir. N'ayant plus de personnalité juridique, car non immatriculée au registre national des Mutuelles prévu à l'article L411-1 du code de la Mutualité, elle n'a pas qualité à agir en justice (les indépendants qui quittent la SS jouent là-dessus avec succès ; voir aussi à titre d'exemple ce jugement). Mais tout le monde n'est pas maître Eolas, virtuose du droit pénal...

    Toujours à propos d'escrocs, ça n'a rien à voir (ou presque), mais je recommande à ceux qui ne sont pas encore dégoûtés par les politiciens français de lire ce texte : notre président représente dignement la France.